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Omarthrose et prothèses d’épaule

COMMENT SURVIENT L’ARTHROSE DE L’ÉPAULE ?

Le glissement des surfaces articulaires de l’épaule est permis par le revêtement cartilagineux : c’est une couche de 3 mm environ qui recouvre les deux tiers de la surface humérale et la glène de l’omoplate. Il est invisible sur les radiographies, il apparaît comme un espace entre les deux os.

Stades de l’omarthrose

L’arthrose est l’usure puis la disparition de ce cartilage articulaire : les deux os vont alors entrer en contact, provoquant des frictions douloureuses et une perte de mobilité. On distingue deux types d’omarthrose :

  • l’omarthrose « centrée », c’est-à-dire avec une coiffe des rotateurs intacte : la tête humérale reste en face de la glène. L’omarthrose centrée peut être primitive (c’est l’usure naturelle du cartilage, comme à la hanche ou au genou), ou secondaire à un traumatisme, une instabilité ou une maladie rhumatismale.
  • L’omarthrose « excentrée » qui est l’évolution à terme des ruptures de la coiffe des rotateurs. Les tendons rétractés ne peuvent plus lutter contre le puissant muscle deltoïde qui entraîne peu à peu la tête humérale sous l’acromion, créant à ce niveau une véritable « néo – articulation ».
Omarthrose centrée et excentrée
Omarthrose centrée et excentrée

COMMENT SE MANIFESTE L’ARTHROSE DE L’ÉPAULE ?

Les symptômes s’installent toujours progressivement, l’arthrose au début est bien tolérée car les contraintes au niveau de l’épaule sont moindres qu’à la hanche au genou.

  • – La douleur est plus ou moins marquée, souvent à la mobilisation du bras, parfois nocturne en cas de poussée inflammatoire.
  • – Une raideur va s’installer peu à peu, accompagnée de sensations de « grincement », de « craquement » à la mobilisation du bras.
  • – Dans l’omarthrose excentrée, il peut exister une impotence fonctionnelle liée au déficit de la coiffe des rotateurs : le membre atteint ne pourra être mobilisé que par le membre sain.

QUELLE EST LA PRISE EN CHARGE DES ARTHROSES DE L’ÉPAULE ?

À la consultation, un bilan radiographique sera d’abord demandé : ces radiographies suffisent à confirmer le diagnostic. Elles montrent une disparition de l’interligne articulaire et en général un volumineux ostéophyte à la partie inférieure de la tête humérale. Dans l’omarthrose excentrée, la tête humérale est calée sous l’acromion avec une reconstruction osseuse souvent moins importante.

Omarthrose centrée
Omarthrose centrée
Omarthrose excentrée
Omarthrose excentrée
• Quels traitements proposer ?
  • – L’arthrose débutante peut longtemps être stabilisée par un traitement médical : médicaments antalgiques, anti-inflammatoires, « anti arthrosiques ». Une infiltration intra-articulaire sous guidage radiographique, peut apporter une amélioration transitoire parfois durable mais il faut éviter de la répéter.
    La kinésithérapie permet de maintenir la souplesse articulaire, de soulager les douleurs par des massages et la physiothérapie.
  • – Avant l’arthroplastie, si les symptômes progressent, un traitement chirurgical conservateur peut être proposé : sous arthroscopie on réalise une synovectomie, l’ablation d’éventuels corps étrangers, une libération capsulaire. Ce geste sera plus volontiers proposé chez un sujet jeune.
  • – Mais le traitement chirurgical de référence reste la prothèse d’épaule, qui sera proposée si les symptômes deviennent invalidants avec une raideur, des douleurs qui s’installent la nuit et réduisent les capacités fonctionnelles du membre supérieur.

QU’EST-CE QU’UNE PROTHÈSE D’ÉPAULE  ?

C’est un implant qui remplace les surfaces usées de l’articulation glénohumérale. On envisage parfois le remplacement de la seule surface articulaire de l’humérus (implant de « resurfaçage »).

Comme il existe deux types d’arthrose, il existe deux types de prothèses : anatomique et inversée.

  • • Les prothèses anatomiques : elles reproduisent la forme de l’articulation et supposent une coiffe des rotateurs intacte pour fonctionner ; elles se composent d’une calotte métallique qui remplace la surface cartilagineuse de l’humérus, fixée par une tige ou un système d’ancrage court (« stemless »), et d’une pièce de polyéthylène (PE) qui est scellée sur la glène ou incluse dans une embase métallique vissée (« métal back »).
Prothèse anatomique
Prothèse anatomique
Prothèse anatomique
  • • Les prothèses « inversées » : elles sont appelées ainsi car la partie convexe est fixée sur la glène, tandis qu’un implant concave est posé sur l’extrémité humérale, fixé là encore soit par une tige soit par un ancrage court.
Prothèse inversée
Prothèse inversée
Prothèse inversée

Cette configuration permet de modifier le bras de levier du deltoïde qui permet alors une élévation normale du bras alors que la coiffe des rotateurs n’est plus fonctionnelle. C’est pourquoi elles sont indiquées en cas d’omarthrose excentrée, mais parfois aussi avant le stade d’arthrose, si la coiffe ne permet plus aucune mobilité du bras.

Biomécanique des prothèses inversées
Biomécanique des prothèses inversées

De même, on peut les utiliser dans l’omarthrose centrée si la coiffe des rotateurs est usée ou si la tête humérale se subluxe en arrière.

• Quels résultats peut-on espérer d’une prothèse d’épaule ?
  • – concernant la douleur, ils sont en général très bons
  • – concernant la mobilité, une prothèse anatomique peut donner des amplitudes proches de la normale ; pour les prothèses inversées, il y a souvent quelques restrictions pour les mouvements de rotation, mais les amplitudes dites « fonctionnelles » sont bien restituées. Une importante raideur d’épaule avant l’intervention peut limiter cette récupération de mobilité.

VOTRE INTERVENTION D’ARTHROPLASTIE DE L’EPAULE

  • • L’hospitalisation : elle se fera la veille ou le jour même selon l’ordre du programme opératoire. Vous resterez hospitalisé les deux nuits qui suivront l’intervention afin de contrôler au mieux d’éventuelles douleurs post-opératoires.
  • • L’anesthésie : elle combinera une anesthésie locorégionale (bloc interscalénique) qui garantira une indolence complète de votre membre opéré dans les heures qui suivront l’intervention, et une anesthésie générale durant le geste opératoire.
  • • L’intervention :  est réalisée par une incision sur le devant de l’épaule (voie « delto-pectorale ») qui permet d’écarter les muscles et d’exposer l’articulation. Pour cela, il faut habituellement sectionner le tendon du sous-scapulaire pour accéder à la tête de l’humérus.
    • – Grâce un système de guides spécifiques, l’os est préparé puis la prothèse fixée dans l’os, par deux vis sur la glène et un système d’ancrage sur l’humérus, tige ou ancrage court.
    • – Il faut alors réparer le tendon du sous-scapulaire et fermer l’incision.
    • – Un drain est mis en place et une attelle positionne le bras coude au corps.
  • • Votre départ se fera le surlendemain de l’intervention, après avoir réalisé une radiographie de contrôle. Nous vous remettrons les différents documents et ordonnances nécessaires, et un rendez-vous de contrôle fixé au bout de 6 semaines.
Prothèse anatomique
Prothèse inversée
Les suites de l’intervention :

votre attelle devra être conservée pour une durée variable selon qu’il s’agit d’une prothèse anatomique ou inversée. Pour la prothèse anatomique, la réparation du tendon sous-scapulaire nécessite six semaines, mais dans la prothèse inversée, l’attelle n’est plus nécessaire après trois semaines. Elle pourra être enlevée pour s’habiller, se laver et faire les séances de rééducation mais sera conservée la nuit. Voici plus de précisions sur les documents suivants :

ICI : CONSIGNES POST OPERATOIRES APRES PROTHESE ANATOMIQUE D’EPAULE (PROCHAINEMENT)

ICI : CONSIGNES POST OPERATOIRES APRES PROTHESE INVERSEE D’EPAULE (PROCHAINEMENT)

– la rééducation débutera dès les jours suivant l’intervention à raison de trois séances par semaine. Elle sera faite si possible en balnéothérapie, le principe sera d’entretenir la mobilité articulaire durant cette période.
Vous réaliserez également tous les jours des exercices d’automobilisation.

– Reprise d’activités : la mobilisation libre débutera entre la 3ème la 6ème semaine post-opératoire selon le type de prothèse. La conduite est possible à partir de deux mois suivant l’intervention, et la reprise d’activités sportives et professionnelles se fera progressivement, entre 3 et 6 mois. La récupération de la mobilité progresse souvent sur une année. On peut donc reprendre la plupart de ses activités après une prothèse d’épaule, il n’y a pas de différence significative de durée de vie des implants selon le modèle de prothèse, elle dépasse habituellement 15 ans.

Quelles sont les complications des prothèses d’épaule ?

– La raideur post-opératoire est la complication précoce la plus fréquente ; elle est souvent résolutive avec la rééducation, mais elle peut évoluer dans le cadre d’une capsulite rétractile et demander de nombreux mois pour s’améliorer ; on souligne ici l’importance de la rééducation postopératoire.

– Deux complications majeures sont heureusement rares :

  •  * la luxation des pièces prothétiques, qui peut traduire une rupture du tendon sous-scapulaire dans les prothèses anatomiques,
  • * l’infection qui nécessitera presque toujours une réintervention et un changement des implants.

– les complications neurologiques peuvent également s’observer, notamment dans les prothèse inversées, liées à l’étirement des nerfs

– à plus long terme, l’usure et le descellement des pièces prothétiques peut survenir.

FICHE D’INFORMATION ASSPRO SUR LES PROTHESES ANATOMIQUES

FICHE D’INFORMATION ASSPRO SUR LES PROTHESES ANATOMIQUES

FICHE D’INFORMATION ASSPRO SUR LES PROTHESES INVERSEES

FICHE D’INFORMATION ASSPRO SUR LES PROTHESES INVERSEES