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Les ruptures du biceps au coude

COMMENT SURVIENT LA RUPTURE DU BICEPS AU COUDE ?

Le biceps est un muscle du bras qui permet de fléchir le coude : il se termine pour cela à l’avant-bras, sur une petite bosse à la partie haute du radius que l’on appelle la « tubérosité radiale ». Sa rupture va détacher le tendon de cette attache osseuse, on parle « d’avulsion tendineuse ».

La rupture du biceps

La rupture fait suite en général un effort important, qui peut être un effort de soulèvement ou un traumatisme sportif (plaquage au rugby, musculation…). Elle se rencontre plutôt chez l’homme après 40 ans et une tendinopathie préexistante a pu être impliquée : notamment par conflit mécanique au cours des mouvements de pronation qui ferment l’espace entre le radius et du cubitus et créent un conflit avec la terminaison du tendon; il entraine parfois la formation d’un kyste :

Mécanisme des tendinopathies du biceps

Le tabagisme et la prise d’anabolisants chez le sportif ont  également été mis en cause.
Cette rupture peut être complète, le tendon remonte alors vers le bras, ou incomplète laissant persister quelques fibres attachées sur le radius.

QUE FAIRE DEVANT UNE RUPTURE DU BICEPS AU COUDE ?

Le tableau est en général aigu, amenant à consulter rapidement. La douleur est brutale, au pli du coude avec une sensation de « claquement » nettement perçu. La mobilisation du coude devient douloureuse et une ecchymose apparaît rapidement.

Le diagnostic est établi dès l’examen clinique, surtout en cas de rupture complète : le biceps « remonte » au bras réalisant une boule (signe de Popeye inversé) et le tendon n’est plus perçu au pli du coude lorsque on demande de résister coude fléchi. Cette résistance est d’ailleurs douloureuse.

Aspect clinique de la rupture du biceps

Les examens d’imagerie ne sont pas nécessaires, mais une rupture partielle peut justifier la réalisation d’une échographie qui en général confirme le diagnostic. L’IRM est plutôt indiquée au stade chronique pour préciser le degré de rétraction du tendon.

Echographie - rupture du biceps
Echographie - rupture du biceps
IRM - rupture du biceps
IRM - rupture du biceps

Que faire devant une rupture récente ?

Nous privilégions le traitement chirurgical car les conséquences fonctionnelles sont importantes en termes de perte de force : la flexion du coude est certes maintenue mais il existe 30 à 40% de perte de force en flexion et 65% de perte d’endurance. L’abstention chirurgicale sera proposée au sujet âgé à faible demande fonctionnelle.
Le traitement consiste à rattacher le tendon sur son insertion osseuse au moyen – comme pour les tendons de l’épaule – d’ancres ou d’un dispositif d’amarrage transosseux.

Pour les formes tardives (au-delà d’un mois) l’indication d’une réparation se posera encore en cas de gêne fonctionnelle importante, mais sera plus difficile car le tendon est rétracté. Il est souvent difficile de l’amener à la tubérosité radiale, on peut alors l’attacher au tendon voisin (brachial antérieur) mais nous privilégions une réparation sur son attache d’origine, au moyen d’une greffe tendineuse si besoin.

VOTRE INTERVENTION DE REINSERTION DU BICEPS AU COUDE

Quel geste réalise-t-on ?

L’intervention va rattacher le tendon par un tunnel osseux dans la tubérosité radiale, à la manière d’un « ancrage » qui bloque solidement le tendon (dispositif ZIP Loop de Biomet)

Principes de la réinsertion du biceps
  • • L’hospitalisation : elle se fera la veille ou le jour même selon l’ordre du programme opératoire. Vous resterez hospitalisé la nuit qui suivra l’intervention afin de contrôler au mieux d’éventuelles douleurs post-opératoires et de laisser en place un drainage.
  • • L’anesthésie : elle se fait sous anesthésie locorégionale (bloc plexique) qui garantira une indolence complète de votre membre opéré dans les heures qui suivront l’intervention.
  • • L’intervention : elle se fait par une courte incision dans l’axe de l’avant-bras, en aval du pli du coude. La tubérosité radiale est exposée en écartant les muscles, et perforée à la mèche pour réaliser la logette où on attachera le tendon.
    Celui-ci est récupéré, parfois remonté jusqu’au bras, et faufilé par une double suture très solide qui sera solidarisée au système Zip-Loop. Son ancre est alors passée dans le tunnel du radius et un système de traction attire le tendon contre l’os ; la fixation est très solide et testée en mettant immédiatement le coude en extension.
Principe du laçage du tendon bicipital
Réinsertion trans osseuse du biceps

Un drain est mis en place et une attelle amovible protège le coude fléchi à 90°.

  • • Votre départ se fera le lendemain de l’intervention, après avoir réalisé une radiographie de contrôle. Nous vous remettrons les différents documents et ordonnances nécessaires, ainsi qu’un arrêt de travail et un rendez-vous de contrôle fixé au bout de 3 semaines.

Comment se déroulent les suites post-opératoires ?

  • Votre attelle sera conservée six semaines après l’intervention ; elle maintient le coude fléchi pour protéger la réparation tendineuse. Elle pourra être enlevée pour s’habiller, se doucher et manger à condition de garder le coude fléchi, mais sera conservée la nuit.
    La douleur peut rester présente plusieurs jours, dans ce cas prenez rigoureusement les médicaments qui vous sont prescrits et n’hésitez pas à appliquer du froid sur la zone opérée.
    La première visite a lieu trois semaines après l’intervention, elle permet de vérifier comment votre coude cicatrise, le niveau de la douleur résiduelle.
  • La rééducation sera débutée après la 3ème semaine, à l’issue de la visite de contrôle. Elle sera faite si possible sur un arthromoteur de coude, le but étant de récupérer l’extension sans imposer de contraintes excessives à la réparation.
    La seconde visite de contrôle est prévue à six semaines de l’intervention. L’attelle sera enlevée et les mouvements pourront être libres, mais toujours sans mise en charge au cours de la rééducation.
    Reprise d’activités : Les activités manuelles douces sont possibles au-delà de six semaines, conduite par exemple. Mais la jonction os – tendon va se renforcer très lentement si bien que :

* la plupart des activités de la vie courante seront possibles au-delà de trois mois, ainsi qu’une activité professionnelle modérée.

* Les activité intensives tant sportives que professionnelles ne seront réellement possibles qu’au-delà de six mois.

Quelques complications peuvent survenir ?

  • La raideur post-opératoire n’est pas rare, surtout pour la prosupination ; elle peut être liée à l’apparition d’ossifications sur la zone de réinsertion, qui bloque la rotation du radius autour du cubitus. Nous privilégions donc une rééducation précoce.
  • Les atteintes neurologiques : la plus fréquente est l’atteinte de la branche sensitive du nerf musculocutané qui chemine en avant du coude ; il peut être attirée par la traction du tendon lorsqu’il se rétracte lors du traumatisme initial, mais aussi au cours de l’abord chirurgical. On ressent des décharges électriques et une sensation d’engourdissement à la face antérieure et externe de l’avant-bras, qui se résout la plupart du temps en 2 à 3 mois. Plus rares sont les atteintes du nerf radial (qui permet de relever les doigts) et du nerf médian (qui donne la sensibilité des trois premiers doigts et la flexion des doigts).
  • Le défaut de cicatrisation du tendon, qui peut aller à une rupture secondaire, est le plus souvent liée à un non-respect de l’immobilisation initiale ou à une reprise d’activités trop précoce. Le tabac a également un rôle nocif sur la cicatrisation tendineuse.
  • Les complications d’ordre général, complications anesthésiques, hématome post-opératoire, infection, troubles vasculaires, sont assez rares.